lundi 20 août 2012

Une infusion laxative de Paul Polman



Une petite infusion du PDG d'Unilever pour se nettoyer l'estomac et faire sur ses mocassins, extrait de l'interview de Paul Polman dans le Figaro d'aujourd'hui.

- Sur la fermeture d'usine de Gémenos:

Le plan social a été validé par les tribunaux, nous avons offert à tous les salariés la possibilité de travailler sur l'un de nos autres sites en France aux mêmes conditions.

Pour un PDG de son niveau, la distance d'un autre site se mesure en temps de jet privé. Donc un autre site à 30mn, ça peut faire du 500 bornes.

Si la France ne respecte pas ses lois, cela fera peser un risque sur les investissements en France.

Ça, c'est à propos d'une (peut-être) future loi du gouvernement sur les licenciements boursiers, la réponse est juste une menace, continuez et on se tire. Et en plus il en réclame:

Quand nous investissons dans une usine en France et créons des emplois, comme nous le faisons à Compiègne, est-ce que le gouvernement nous donne une marque en échange?

Rien dugenou, juste des subventions, comme d'habitude.

- Sur l'investissement en France:

Nous avons décidé d'investir plus de 20 millions d'euros dans notre usine de dentifrice à Compiègne et d'y créer vingt et un CDI. Cette usine, qui exportera 60 % de sa production vers l'Europe, a reçu des volumes provenant d'une usine fermée aux Pays-Bas, et d'autres rapatriés de Slovaquie. Pour réaliser cela, nous avons eu moins de problème qu'à Gémenos.

J'ai envie de dire: tout ça pour 21 emplois.

- Sur la compétitivité, mot sacré chez les libéraux, un peu comme Skippy chez les adeptes de sectes:

Pour qu'une société reste vivante et crée de l'emploi, elle doit toujours s'adapter à un monde qui change et pouvoir fermer des usines non compétitives. La rentabilité permet de verser des dividendes à des fonds de pension, et donc de payer les retraites, puisque les fonds investissent en Bourse. Puisque M. Hollande veut baisser l'âge de la retraite, il doit aussi penser à cela. Quand on fait des bénéfices, on paye aussi des impôts. Dans beaucoup de grands groupes, la rentabilité en Europe est inférieure à celle enregistrée dans le reste du monde.

Dans les faits, ce sont les salariés qui doivent s'adapter, soit tu es payé comme un indien soit tu dégages parce que derrière j'ai des actionnaires qui attendent leurs dividendes.

La France doit se concentrer sur des mesures concrètes pour être plus compétitive. Nous avons confiance en la France. Nous devons disposer de la flexibilité pour effectuer les changements dont nous avons besoin. 

Compétitivité et flexibilité, les deux mamelles à euros des actionnaires. Salarié, si tu pouvais travailler gratuitement, Unilever irait beaucoup mieux et les ventes de yacht augmenteraient.

Merci à Variae pour le tuyau.

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